Table blanche au fond du jardin, l’odeur du bois comme réminiscence,
Le claquement croisé sous la langue
Le bourdonnement sur les dents
Les voix résonnent sur la pierre,
Creuser la mémoire, observer les sensations,
Sentir et (se) souvenir, concerto pour et avec l’oubli.
Le noyau perd son manteau
Gratter, collecter, assembler, fabuler et cristalliser,
À la recherche des traces et des fragments,
Lambeaux de présences, et bribes de “je me souviens”.
Mon grand-père est un oiseau
L’œil vif, l’attrait pour les couleurs des fruits
À la rencontre des absents en la compagnie des vivants,
Mon grand-père est un oiseau
Agile, d’une main, d’une bouche
Il plante un verger
Lier et relier les récits à trois temps.
J’ai cueilli une pêche
Elle est piquée par un oiseau
Mordue par un insecte
Entre deux plantains que j’observe
Une mouette balaie le ciel
Chercher, fouiller, interroger,
Je l’ai perdue de vue
Dans le creux de ta joue le temps s’écoule
Au bout de mes doigts le temps se dessine
S’entourer de connus ou d’inconnus, de connaisseurs ou de méconnaisseurs.
Gratter le sol, graver
Déclencher l’objectif et arroser
Écrire pour partager, performer pour se rassembler,
Goutte à goutte, panser les déchirures
Créer pour m’apaiser,
Écrire entre les mailles de l’histoire un brin d’instant
Notice de lecture :
Deux portraits poétiques qui s’entremêlent et se répondent. Une rencontre entre Marlène André et Paloma Dupire, à lire et (re)composer comme un puzzle à triple sens.
