« Les Merveilles » est une série photographique argentique initié à l’été 2025. Par hasard, nous avons fait la rencontre de Julien et d’Éléa, éleveur d’une soixantaine de chèvres à l’alpage du Golet dans le massif des Bauges, alors que l’on faisait du repérage pour monter au mont Trélod.

« Les Merveilles », c’est ainsi qu’Éléa nomme les chèvres du cheptel qu’elle élève avec Julien. La famille Dupérier (celle de Julien) pratique depuis plusieurs générations l’élevage bovin et maintenant ovin, dans le massif des Bauges, en Savoie, au hameau de Belleville à Jarsy et durant la haute saison (été) à l’alpage du Golet, sous la Dent des Portes.

La manière d’approcher par la photographie, un métier artisanal,
est un moyen pour nous de déplacer notre écriture. Rendre visible la notion de partage, de savoir-faire, de transmission, et l’interaction avec un territoire.

Étrangement, dans cet effort d’observation, nous avons pu retrouver les gestes effectués dans le laboratoire argentique
au cœur même de la laiterie :
Mettre à température l’eau, avec exactitude. Brasser, remuer, agiter, attendre. Révéler la pellicule, la présure au gras du lait.

Les tommes sont affinées, c’est-à-dire séchées en cave de manière à concentrer le goût par le sel, de la même manière que la pellicule argentique se mature, demande à fixer les sels d’argent qui la constitue, pour enfin être révélée (au regard, aux papilles).

Ce sont des métiers du temps et de l’attente.

Et pourtant cette notion de temps, bien que très présente, cadence
à la production du fromage, se mesure à l’horloge dont les chiffres
ont été remplacés par des oiseaux. Le temps devient nature.

C’est en couple que nous photographons un couple au travail, quatre yeux et quatre mains.

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