Dear Anna,

Merci pour ta lettre. Elle me fait plaisir et me touche. D’une part je trouve sa forme éditoriale et graphique très stimulante, mais surtout ce qu’elle décrit est proche de mes intérêts et des différentes expériences que j’ai pu moi-même vivre. Ce qu’il y a de bien avec l’enseignement, c’est ces situations de passeurs qui s’inscrivent dans une continuité : avant moi et après toi.

Cette lettre de Christoph Keller, je l’ai découverte à travers mes aventures au sein du collectif castillo/corrales que j’ai accompagné pendant plusieurs années, de ma sortie d’école jusqu’à la fermeture de l’espace d’exposition que nous tenions dans le quartier de Belleville à Paris, en 2015. J’y ai vécu, entre autres, des situations similaires à ce que tu décris dans ton texte, et aussi expérimenté personnellement cette phrase « Books make friends » : rencontres, voyages, découvertes, et aventures en tous genres.

Pour prolonger tes réflexions, je te suggère d’emprunter à la bibliothèque de l’école la série de texte The Social Life Of The Book, que nous avions édité à l’époque et qui traite à travers différents essais de différent.es auteur.trices de l’aspect « social » d’une écologie du livre. D’ailleurs, la revue “La Petite Collection” que j’édite s’en inspire beaucoup.

Je me permets aussi de te joindre ce texte intitulé Regarding Spines, de l’artiste américain Aaron Flint Jamison — qui édite par ailleurs la superbe et cryptique revue Veneer — qui aborde la reliure comme métaphore d’une relation au livre, aux contenus.

J’attire aussi ton attention vers la conférence de Matthew Stadler, auteur et éditeur américain — avec qui j’ai réalisé cette brique de 1156 pages —, intitulé What is Publication?, au sujet de la création de la maison d’édition et imprimerie Publication Studio, d’abord à Portland puis à Vancouver, etc. jusqu’à Paris !

Le temps me manque en ce moment pour en écrire davantage, mais je ne doute pas que nous aurons d’autres occasions pour continuer et prolonger cette discussion, sous une forme ou une autre.
Je serais d’ailleurs curieux d’avoir ton avis sur les différentes choses que je te partage ici, n’hésite pas à m’écrire.

Amitiés donc,
Roman