Quand je me suis promenée au bord de Scorff, j’ai photographié les espaces qui s’étendent entre les courbes sinueuses des branches et des troncs. Je les ai ensuite redessinés, au pastel sec. La poudre qui se déposait pendant le travail devenait une matière à sculpter.

Pour que la poussière de craie, soigneusement modelée, ne glisse pas, je présente les dessins à l’horizontale.

Marine me fait remarquer qu’elle trouve ça dommage qu’on remarque les contours des cadres qui portent les dessins.
Marie les aime bien.
Marion évoque les chevalets portatifs. Comme si le dessin avait été réalisé dehors, sur place. Je me dis que cela fait comme s’il était ensuite offert sur un plateau.



J’aimerais tout faire sur place, avec ce qu’il y a sur place. Je voudrais pouvoir récolter des morceaux entiers de paysages. Pendant mes balades, je photographierais, je récolterais des plantes et en tirerais des pigments, et puis je reviendrais dessiner avec les outils que j’aurais réalisés.

J’ai déjà travaillé à l’élaboration de pastels maison, fabriqués à partir de pigments végétaux (du jus d’épinard et une décoction d’oignons). Je crois qu’ils ne sont pas encore au point.
Je poursuis les expérimentations en réalisant des pigments.

Je n’ai pas encore essayé de fabriquer des pastels ou de l’aquarelle avec les pigments obtenus.

J’ai utilisé la matière pour dessiner.

Les images ci-dessous ont été réalisées pour la création de l’affiche de la résidence de l’association Lombric à l’Éphémère, « jours racines, nuits passages ». Je les ai donc photographiées, matière figée dans l’impression, volume aplati. J’aimerais poursuivre cette expérimentation en m’éloignant de la contrainte de l’affiche, et en abordant cette fois les dessins comme des sculptures.