Lola Coulmy aborde le réel par le quotidien, par ces interstices cachés, ces détails. Elle dit : “Les livres d’Annie Ernaux ont nourri mon goût du détail et de l’intime. Les photographies dans le style de Claude Batho ou encore les images de journaux que je voyais chez mon père m’ont donné envie de regarder le monde à travers le quotidien.” 

En licence de sociologie, l’écriture de son mémoire lui a donné le goût de l’enquête, de l’observation et des questionnements autour des individus et de la société. Elle décide alors d’aborder l’infime du quotidien aux travers de deux histoires de vie de femmes d’une même génération. Ce projet lui a permis de “mettre en lumière les petites choses cachées, les expériences souvent invisibles” à travers des médiums tel que la photographie et la vidéo qui lui ont paru capables de rendre la sensibilisé qu’elle cherchait à transmettre. 

Portée par cette envie de comprendre le quotidien, elle élargit son intérêt aux individus et à leur environnement, à la manière dont les espaces façonnent les vies et inversement. C’est notamment lors de sa césure, et d’un voyage en Colombie que ces questions commencent à vraiment exister en elle, à trouver une forme plastique, par le biais de la photographie, du dessin et du texte. 

Le quotidien et sa portée sociale amènent Lola à “rendre visible ce qui se joue dans l’ordinaire, à donner une place à ce qui semble anodin, mais porte en soi une densité sociale et émotionnelle.” 

La sociologie a transformé son regard. En septembre 2025, elle a rejoint le master AVJ (Arts visuels pour le journalisme) à l’EESAB Lorient, envisageant cette formation comme un prolongement naturel de sa pratique déjà inscrite dans le réel, et dans laquelle l’image occupe une place importante. 

A l’heure actuelle, Lola cherche encore sa mécanique de travail bien qu’elle s’articule déjà autour de l’observation participante ou distanciée. Elle vit, elle collecte, revient sur celle-ci, enrichit cela de références par le biais de lectures et de recherches documentaires afin d’affiner sa compréhension des contextes et d’ancrer ses projets dans un savoir pluriel. Comme une promesse faite à elle-même, ce master doit lui permettre de développer une pratique plus consciente, d’expérimenter de nouveaux médiums et d’affirmer sa voix/pratique artistique.  

Lola aimerait enrichir durant ces deux années sa connaissance du médium de la photographie, qu’elle pratique déjà comme outil d’observation, de rencontre et qu’elle apprécie pour sa densité narrative, et sa pratique du dessin et de la peinture afin “d’expérimenter d’autres manières de traduire le réel et d’approfondir [s]a compréhension des formes de représentation”. 

Un double aspect semble donc guider la pratique de Lola : le quotidien dans ces objets, ces gestes, ces atmosphères, ces silences – qui en racontent souvent plus, selon elle, qu’un grand récit –, puis l’environnement et son impact sur l’humain, et inversement. Ainsi, comprendre comment la société se raconte au travers de l’intime semble être un questionnement central pour elle.