Nous sommes tous et toutes parti.e.s, à quatre voitures d’abord, puis pour une caravane de plus en plus longue au fur et à mesure que Yaëlle et Marlène, Yannig, Marika, Aurélie, nous rejoignaient.
Première étape : Mellionnec – on nous a dit que les sources seraient peut-être par là – sur une propriété privée, cependant. Après un café au bar du village, nous partons par petits groupes à la rencontre des lieux. Certain.e.s se font déjà inviter au café par des habitant.e.s, d’autres choisissent de sortir un peu du village pour aller voir l’eau – mais ça n’est pas le Scorff.
A midi, nous partons pour notre rendez-vous, avec notre complice.
Soudain il est là!, sur un bord de la route!, avec son sourire et son chapeau et sa polaire rouge. Yannig nous emmène d’abord au « point haut », au bord d’une zone marécageuse. Ici, une goutte de pluie choisit, en fonction de l’endroit où elle tombe, de glisser dans la bassin versant du Scorff, celui de l’Héllé ou bien celui du Blavet. C’est émouvant, cet endroit qui n’a l’air de rien et qui est pourtant si déterminant pour l’eau (et donc pour la vie).
A Saint-Auny, assis.e.s en cercle au soleil le long d’une bâtisse, nous pique-niquons. Yannig nous demande à chacun.e : « et toi, c’est quoi ta rivière? ». Nous nous découvrons les un.e.s les autres depuis nos sensations d’enfance liées à l’eau. On partage nos rivières et des crèpes à la confiture.
De là, Yannig nous amène ensuite vers un tout petit ruisseau, en bord de champ : voilà le Scorff enfant! Nous marchons dans le village : la ferme des bisous, une très vieille sculpture du XIIe siècle, Rémi et son tracteur, une onagre en fleurs, la chapelle, sa cloche et son Saint Julien.
Puis, nous reprenons la voiture pour aller faire un bout de marche dans la forêt, vers Kergoac’h. Nous suivons le sentier « des sources à l’océan ». Au passage, sur la cheminée d’une très vieille maison, une sculpture érotique nous regarde. Puis, nous nous enfonçons en file indienne dans la forêt, jusqu’à la frontière du Morbihan.
Nous reprenons les voitures encore, jusqu’à un premier moulin. Raphaël note tous nos trajets sur le parcours IGN qu’il a téléchargé. Il nous parle de ses marches en montagnes, avec la solitude et la neige. ça nous fait toustes envie.
Puis les voitures encore, jusqu’au moulin du Paradis. Là, Yannig nous montre un acqueduc (pour les prés innondés, ancien système d’irrigation), un bief, une retenue d’eau. Dans la queue-leu-leu, on parle de castors, on perd nos écharpes, on enjambe la rivière, on prend un pont fragile en riant, on saute un ruisseau, on a chaud, on est bien. Le soleil de fin d’après-midi est rasant et doux et des tas de graines duveteuses volètent dans l’air.
La journée se termine. Yannig nous offre un cidre et un jus de pomme, puis il nous accompagne en voiture jusqu’à Kernascleden, pour nous mettre sur la route des rapides, là où le Scorff va vite, là où le Scorff est dans sa pleine jeunesse. Alors que je dois quitter le groupe pour ramener Clara, qui travaille à 19h à Lorient, tout le monde s’arrête, part marcher dans la forêt.
Quelle belle journée à la rencontre du Scorff. Merci Yannig.